Ahmadou Elhadji Bouba, Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Garoua : « En 1982 le Cameroun ne comptait qu’une seule Université d’Etat. A ce jour, il en compte 8 et plusieurs établissements professionnels d’enseignements supérieurs.»

Garoua, sa faculté de médécine et la Can…

Qui mieux que le délégué du Gouvernement de cette ville et membre de la commission de site de l’organisation de la Can pouvait éclairer la lanterne de nos lecteurs sur ces deux événements ? 

Monsieur le  Délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Garoua, quelles sont vos impressions par rapport au décret créant la faculté de médecine et des sciences biomédicale de Garoua ?

Ahmadou Elhadji Bouba : je vous remercie. A l’écoute de ce décret, je  dois dire que mon sentiment a été un sentiment de grande surprise, d’une heureuse surprise que Garoua ait été choisie dans le dispositif de diversification de l’offre de formation de l’enseignement supérieur au Cameroun par la Chef d’Etat. Si vous analysez et suivez bien la politique du Président de la république,  en 1982 le Cameroun ne comptait qu’une seule Université d’Etat. A ce jour, il en compte  8 et plusieurs établissements professionnels d’enseignements supérieurs. Et du coup on a un sentiment et qui devient de plus en plus une certitude que le Chef de l’Etat est en train d’arrimer le Cameroun au standard de la modernité en ce qui concerne la formation de la jeunesse camerounaise. Que la ville de Garoua ait été choisie pour abriter un des démembrements de cette volonté affichée et affirmée  le professionnalisme de l’enseignement supérieur est non seulement une surprise mais aussi pour moi un sentiment de réelle fierté.

Pouvez-vous préciser ?

Dans  la pensée courante au Cameroun, on a  tendance à croire que les choix du Chef de l’Etat  obéissaient à des pressions de certains groupes ou lobies qui  l’amèneraient à prendre certaines décisions comme s’il n’avait pas eu un autre choix qui serait plus propice à une volonté jamais démentie jusqu’à maintenant de développement et d’amélioration des conditions de vie des populations camerounaises. Je ne suis pas d’accord avec cette vision et la création de cette faculté de médecine n’a fait que me conforter dans cette position. Je reste convaincu que le Chef de l’Etat a un programme qui obéit à une vue  globale et globalisante du développement de son pays. En regardant bien,  ses décisions sont conformes à cette logique et il est cohérent dans son action.

Cohérence  vous dites, voulez-vous élaborer s’il vous plait ?

regardez vous-même : le président a d’abord créée le Centre Universitaire Régional baptisé plus tard Hôpital Gynécho-obstétrique dans le cadre du plan d’urgence Triennal ( Planvt). Il est déjà en chantier. En suite, ll a créé l’Hôpital de Référence de Garoua et pesé de son poids pour qu’il soit mis  urgemment en chantier, ce qui est effectif, et je  parle  en connaissance de cause… En plus, dans le cadre de Can et la décision qui a été prise de procéder à la rénovation des hôpitaux régionaux des sites de celle-ci dont Garoua, et je dois également citer l’Hôpital Militaire qui a reçu des équipements de la dernière technologie qui en font un hôpital digne de  ce nom. Quand vous prenez tous ces éléments, il me semble clairement apparaître une logique qui coule de source. Je me permets dont de dire que tout cela fait partie d’un agenda global qui obéit à la volonté jamais encore démentie de développement et de modernisation du Cameroun par le Président de la République. Cela est visible dans sa  vision du Cameroun que nous n’avons pas mais que nous découvrons  très souvent après coup, comme dans ce cas.

Pourquoi Garoua, je ne saurais le dire. Je me contente  d’être reconnaissant et de remercier. Dans les décisions du Président,  on voix transparaître  ce qu’on appelle en planification et gestion des organisations: notion coût-avantages. Et à chaque fois que le président pose un acte, il sait que les avantages sont toujours supérieurs au coût. Il a donc trouvé que c’est plus avantageux d’implanter cette faculté à  Garoua qu’ailleurs. Cela obéit à d’autres éléments stratégiques d’un futur radieux que  lui seul, dans sa position, a détecté : indépendamment de nos égoïsmes qui aimeraient tout avoir chez soi qui à en devenir redondant.

Le ministre des enseignements supérieurs a reçu comme instruction, l’ouverture pour cette année académique 2017-2018 de cette faculté de médecine : de quelles infrastructures dispose la ville de Garoua pour accueillir ses premiers étudiants ?

Je dois dire à ce sujet que les autorités universitaires et des enseignements supérieurs se sont rapprochées des autorités de la ville pour savoir si l’on peut traduire dans les faits cette instruction présidentielle. Je ne peux vous dire lesquels structures sont déjà disponibles  mais je peux par contre vous affirmer qu’il existe des structures prêtes à accueillir les 85 premiers étudiants de notre faculté de médecine. Ceci m’amène à dire aux populations non seulement de Garoua mais aussi du Cameroun tout entier surtout aux jeunes camerounais capables qui souhaiteraient se former dans cette faculté de médecine nouvellement créée que Garoua leur souhaite la bienvenue et est prête à les accueillir dignement. Je suis convaincu que c’est une faculté qui va démarrer avec tout ce qu’il faut pour une formation  standard. J’invite la jeunesse camerounaise qui  remplit les conditions pour concourir de la faire. La ville de Garoua est une ville qui a un avenir certain. Je  le dis et le  répète.  Je ne le répèterai jamais assez. Garoua  n’a pas seulement un avenir académique, c’est une ville qui comptera toujours dans le concert des villes camerounaises. Nous ferons tout, mais alors tout ce qui est à notre pouvoir pour qu’il en soit ainsi pendant que nous serons encore là…

Monsieur le délégué du gouvernement, sur tout un autre plan, la mission d’inspection de la Can vient de séjourner à Garoua, le 14 janvier. Séjour qui devrait aller jusqu’au 15 mais pour une raison inconnue, elle n’a donc passé qu’un jour. Quelles sont les structures qui ont  été visités au cours de cette journée marathon ?

Je voudrais  avant toute chose et après avoir   suivi tout ce  qui a été entendu, vu et lu dans la presse à savoir :la mission de la Can devait venir pour justifier pourquoi on doit retirer l’organisation de cette Can au Cameroun ; que mon impression et tout ce qui a été dit lors des séances de travail avec les inspecteurs venus de la Caf,  Qu’ils sont venus pour aider et assister le Cameroun pour l’organisation de la Can 2019 au Cameroun. La phrase forte du chef de cette mission, la voici: «  nous sommes venus pour travailler avec le Cameroun pour l’organisation de cette Can nouvelle formule ».  Il n’y a pas deux camps qui s’affrontent, mais une seule et même équipe qui travaille de concert pour la réussite d’un projet commun. Et pour revenir aux raisons qui ont écourté la mission, elles sont totalement logiques et avaient  pour l’objectif, le gain de temps. L’équipe constituée des experts de la Caf,  ceux du cabinet  Louis Berger et ceux de la commission locale était composée de presque 30 personnes et elle devait visiter toutes les infrastructures sportives, hospitalières et hôtelières. Le bon sens seul les a guidé et ils se sont dit : «  pourquoi ne pas diviser l’équipe en deux ? ». Le faisant, une équipe devait visiter les infrastructures hospitalières et sportives et une deuxième, les infrastructures hôtelières. Bien organisée ainsi, l’équipe s’est donnée un gain en temps que nous avons apprécié même si notre hospitalité en  a souffert car nous nous sommes préparés pour un séjour de deux jours, ils ont été satisfait par l’accueil qui leur a été réservé.

Dans mon ignorance je peux dire, et cela n’engage que moi, que cette délégation a des bonnes dispositions pour le Cameroun. Ce sera à nous de  fournir les efforts nécessaires pour continuer à bénéficier de ces bonnes dispositions. Pour  répondre à votre question concernant les infrastructures du site de Garoua,  sur le plan purement sportif, il y a la réhabilitation du stade Rounde Adja. Les travaux ont commencé par une société portugaise (Mota Engin). Et si  on en juge par les maquettes qui nous ont été présentées, nous pouvons dire qu’elles préfigurent d’un stade de  grande facture, pratique et confortable. Nous avons aussi quatre (4) stades d’entrainement dont deux (2) à réhabiliter et deux (2) à construire par la société Protomac qui a promis livrer les 3 stades le 30 septembre 2018. Côté des infrastructures sportives,  il y a des  infrastructures hôtelières. L’Hôtel de la Cité et l’Hôtel des Sports qui sont à construire et dont les travaux ont commencé seront livrés en fin d’année. L’Hôtel Bénoué qui lui, est en réfection sera livré le 30 septembre 2018.

Il y a aussi un parking de 2000 places qui sera aménagé par la société portugaise. Le troisième volet concerne les infrastructures hospitalières. Le premier dans celle-ci, est l’hôpital de référence de Garoua,  construit avec l’aide de la coopération Coréenne. Il sera équipé par le matériel Samsung. Les travaux se déroulent normalement et dans les  délais. Il y a l’hôpital gynéco-obstétrique de Garoua troisième, du plan d’urgence du Président de la république. Lui aussi  évolue très bien. Ce sont les équipements qui sont maintenant attendus et ceux-ci sont effectivement attendus au plus tard le 30 décembre 2018. Pour  l’hôpital régional de Garoua, sa rénovation est en train d’être attribuée. Un budget a été voté et prévu dans le BIP 2018 pour la réhabilitation des urgences et la Can viendra faire le reste. Et enfin, il y a  le volet des infrastructures routières.

Dans ce volet, nous devons dire que la ville de Garoua a déjà l’avantage de disposer d’infrastructures routières solides. Maintenant, dans la préparation de la Can, toutes les routes qui convergent vers les stades sont identifiées et seront aménagées ou réaménagées : stade principales et ères d’entrainement. Elles sont 5 ou 6. Les études sont pratiquement terminées. Le Minduh et le Minmah vont attribuer les  marchés pour ce faire en procédure d’urgence. Ce que je puis dire c’est que d’ici la fin de cette année, les travaux seront en train de connaître leur épilogue. En fait, il n’y a pas de trop gros travaux parce qu’il n’y pas de casse trop prononcées, Garoua ayant l’avantage d’avoir de routes larges et à double sens. Il faudra recouvrir de bitume certains endroits de l’existant. En outre il faut coupler les routes de la Can avec celles concernées par  le C2d. Ces dernières étaient en gestation quand la Can est intervenue. Ces routes avaient été identifiées et les études avaient déjà été faites. Le gouvernement du Cameroun à travers  le Minduh s’était entendu avec la France à travers l’Afd pour que  les routes qui vont impacté l’organisation de la Can c’est-à-dire qui passeront devant les hôtels concernées, les hôpitaux, ou allant  vers les stades d’entrainement que leur  travaux soient attribués à des entreprises en procédure d’urgence et qu’elles soient finies  aux plus tard en Mai 2019. Voilà donc mis  bout à bout la présentation de la préparation du site de Garoua pour la Can. Garoua  veut rendre effectif l’engagement du Chef de l’Etat pour l’organisation de cette Can 2019.

Voulez-vous donc dire avec le chef de l’Etat que Garoua sera prêt le jour-J ?

C’est le chef de l’état qui  dit. Nous, on exécute. Qui sommes-nous pour dire avec lui. Lui est  celui qui parle pour et au nom du Cameroun et nous, on traduit dans les faits aussi fidèlement  que possible   cette volonté  affichée. A la fin, tout doit refléter la  déclaration du chef  de l’état à la face du monde et que le Cameroun puisse recevoir la jeunesse du Football africain dans les meilleures conditions possibles. Autant que cela dépende de nous, tout mais alors tout sera fait selon la volonté du Chef de l’Etat et pour la fierté du Cameroun. Le Cameroun va montrer un bon visage pour que ceux qui seront de la fête soient les meilleurs ambassadeurs  de notre pays partout où ils se rendront après. C’est la fierté de notre pays qui est en jeu. Que le Cameroun en sorte grandit.

Propos recueillis par François Ndi, envoyé spécial

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