Ebolowono casse la baraque

« Sima », le single de ce plénipotentiaire de la culture africaine, actuellement dans les bacs ; par  son originalité et la profondeur des messages véhiculés, fait le carton plein.

Artiste à succès et de grand talent, François Oloa Biloa, du nom de scène Ebolowono, qui a été pendant plus de 50 ans ambassadeur de la culture africaine en Occident en général et en France en particulier, est de retour dans son pays. Pour procurer à ses compatriotes le même plaisir qu’il a partagé pendant longtemps avec ‘’un autre monde’’, ce Camerounais bon teint sur qui la vie occidentale n’a pratiquement pas déteint s’est rapproprié ses instruments de musicien, de conteur, de metteur en scène et autres qui ont fait de lui, outre-mer, homme de grande réputation. Après un certain nombre de productions et plusieurs prestations publiques depuis seulement quelques mois qu’il a regagné ses pénates, il vient de commettre un single. Intitulée « Sima », cette galette musicale fait déjà du tabac à travers le triangle national et invite toutes les populations camerounaises, sans considération de tribus, de chapelles politiques ou de confessions religieuses, à la consommer sans modération.

L’originalité rythmique de cette composition et la qualité des messages qui y sont véhiculés donnent au « Bikutsi », rythme qui est un creuset de la culture camerounaise, une nouvelle dimension et projettent son auteur-compositeur, Ebolowono, au peloton de tête dans la galaxie de cette musique locale. Il faut dire que pour arriver à ce résultat, François Oloa Biloa, s’est entouré d’une équipe de professionnels de renom, des rois faiseurs de rois de la chanson camerounaise. Il s’agit entre autres de Lagrum Stars, artiste musicien ayant pignon sur rue, qui était à la guitare rythmique, aux animations, qui s’est également occupé des arrangements et de la supervision générale. De grands noms de la musique comme Michel Mbarga (guitare solo) ; Sergeo Bass (guitare bass) ; Willy Claviers (claviers, programmations) ; Sam Eddy (percussions) ; Lily Bey (chœurs) et Owono Emmanuel qui était accompagné de Willy Claviers dans la prise de son, le mixage et le maxtering, ont également joué leur partition pour le succès de ce single.

En effet pour se faire une idée de Ebolowono, pour ceux qui ne le connaissent pas encore et qui, il ne fait pas de doute, ne tarderont pas à devenir ses fans ;  ce monstre sacré qui par ses œuvres musicales promène langoureusement les mélomanes à travers le dédale de leur quotidien,  est très connu dans les salles de spectacles européennes. Héraut de la culture africaine à Paris pendant près d’un demi-siècle, ce costaud de l’art africain entend mettre son savoir à la merci de ses jeunes compatriotes. Comme il le dit lui-même dans sa biographie : « Grâce à sa double culture franco-camerounaise, François Oloa Biloa est un brin iconoclaste, écliptique et autodidacte par l’écriture (…) François est à la fois comédien, humoriste, metteur en scène, musicien, auteur, poète parolier… » Qui plus est, son escarcelle d’artiste déborde de lauriers. Les populations camerounaises ont-elles ainsi désormais l’opportunité de se délecter des œuvres de cet artiste atypique qui leur demande de se ruer vers les discothèques et autres lieux de ventes des CD pour s’approprier « Sima », dont les sollicitations qui montent et montent encore témoignent d’un travail de génie qui a été fait.

Jean Marie Biongolo

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