IUEs- Insam : orphelin de son parrain le Pr Gottlieb Lobe Monekosso

Ignace Foyet, promoteur de l’institut universitaire et stratégique de l’estuaire IUEs-Insam

L’imminent scientifique de renommée internationale est resté jusqu’à son décès le 19 novembre 2017 parrain de l’institut universitaire et stratégique de l’estuaire,  l’un de ses héritage à la postérité, qui s’apprête à lui rendre un hommage mérité.

La communauté scientifique mondiale africaine et camerounaise a perdu le 19 novembre dernier 2017  une  figure marquant de son histoire. En effet, c’est ce jour  que mourait le Pr Gottlieb Lobe Monekosso à 2h à l’Hôpital Général de Douala des suites d’une longue maladie. Né le 13 Novembre 1928 à Gottlieb Lobe Monekosso fut le fondateur et 1er Directeur du CUSS devenue faculté de médecine de Yaoundé. Il a été le Directeur Régional de l’OMS pour l’Afrique. Il a été enseignant à Ibadan comme professeur de médecine agrégé. Ecrivain, il a été Ministre de la Santé Publique entre 1997 et 2000 et fût chef traditionnel, lors des cinquantenaires de l’OMS, l’Ambassadeur de Grande Bretagne avait remis au Professeur Monekosso, au nom de la Reine d’Angleterre, la médaille Queen Elisabeth II en signe de reconnaissance de ses œuvres dans le domaine de la santé publique. Gottlieb Lobe Monekosso a été inhumé le samedi 13 Janvier 2018 à Dibombari son village natal.

Gottlieb Lobe Monekosso fut jusqu’à sa mort le parrain de l’Institut Universitaire et Stratégique de l’Estuaire  ( IUEs) ,premier partenaire privé laïc de l’État dans la formation du personnel de santé et dont la notoriété  s’étend au-delà des frontières nationales , s’apprête à lui rendre un hommage mérité. Mais avant, son promoteur, le Dr Ignace Foyet revient sur les relations qu’il avait avec celui qu’il qualifie de  monument du monde scientifique.

 

Entretien

Dr Ignace Foyet, promoteur de l’institut universitaire et stratégique de l’estuaire IUEs– Insam

« Gottlieb Lobe Monekosso était un savant, un géni dans son domaine ! »

 

 Dans quel contexte avez-vous appris la nouvelle du décès du professeur Gottlieb Lobe Monekosso ?

Dès son internement à l’hôpital général de Douala j’ai été informé par son collaborateur M. Nlend Paul à travers lequel je lui faisais parvenir mes doléances. Immédiatement, je m’y suis rendu et je l’ai trouvé couché avec un regard hagard. Il m’a tenu par la main, l’a serré très fort, m’a ensuite regardé sans pouvoir parler.  J’ai compris que quelque chose s’était passée, qu’il s’agissait d’un regard d’au revoir ! Je suis resté à son chevet et même après mon départ j’étais en contact avec la famille jusqu’à l’instant ou j’ai reçu le coup de fil de M. Nlend m’annonçant sa mort. Je suis resté sans voix car je ne l’imaginais pas nous quitter de sitôt. Je sentais encore de la vie en lui.

Comment décrieriez-vous le professeur Gottlieb Lobe Monekosso?

C’était un monument, un savant, un géni dans son domaine. Un grand homme qui  avait la réponse à toutes les questions et de manière très simplement, sans forcer, même lorsque la difficulté paraissait insurmontable. Il fait partir des géants que j’ai rencontré et surtout il n’a pas forcé tellement, il était d’une simplicité étonnante. Je ne comprends pas qu’il s’en aille aussitôt en laissant tous ce que nous avions entrepris ici et dans d’autres domaines. Le Cameroun perd en lui un grand homme.

Comment s’est traduit son parrainage à votre institution  universitaire IUEs ?

Nous travaillions en étroite collaboration pour la mise en place de nos différentes formations et leurs suivi-évaluation. Quand je concevais un programme, je le soumettais à son approbation préalable. Très souvent, il le corrigeait, le reformulait au besoin. C’est pourquoi je dis que c’est lui qui a tout conçu. On n’a réussi à harmoniser les programmes de DSEP-Sagefemmes avec celui de IDE – Sagefemmes, c’est lui qui a réussi à tout harmoniser et faire valider et cosigner  par les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé Publique.

Nous avons aussi réussi, toujours grâce à lui, à  harmoniser  les programmes des IDE, TL Imagerie médicale…le document se trouve au premier ministère pour signature qu’il ne verra pas malheureusement.

Aux dernières nouvelles, nous avions un projet d’extension de notre université au Gabon et c’est le professeur Gottlieb Lobe Monekosso qui a monté tout le dossier. Je ne pouvais pas m’engager sans sa bénédiction que ce soit pour la mise en place des laboratoires, des filières…C’est lui qui validait tous les processus en interne et il était très méticuleux  autant que  rigoureux.

En cas d’incompréhension avec nos ministères de tutelle ou l’ordre des médecins, c’est le professeur Gottlieb Lobe Monekosso  qui apportait par des explications simples mettant en exergue le respect de l’éthique, la solution qui nous permettait de sortir de l’impasse.

J’étais un peu comme un enfant sachant qu’il interviendrait tout le temps que je n’ai même jamais pris le soin de noter ses procédures. D’ailleurs je ne crois pas qu’il soit partir car j’ai l’impression qu’il continue  de m’assister. Je compte sur lui pour m’aider à relever cette institution pour laquelle il a tant donné. D’ailleurs, dans Institut Universitaire et Stratégique de l’Estuaire, l’expression « stratégique » vient de lui !

Que compter vous faire pour honorer sa mémoire ?

Nous comptons lui dédier un amphi et surtout  notre immeuble principale qui sera baptisé Immeuble Gottlieb Lobe Monekosso. Mais il faut reconnaitre que le professeur fait partir des irremplaçables, il est  immortel !

Propos recueillis par Rodrigue Tchokodieu

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