MPODOL Ruben Um Nyobe réincarné : « Après Biya, je dois redresser le Cameroun avant de repartir »

Le pays traverse la zone de turbulence. Les tensions sociales sont vives dans le Southern Cameroon et au Nord Cameroun. Les scenarios de sorti de crise sont attendues pour apaiser le climat politique délétère. Les leaders des formations politiques montent au créneau pour se faire entendre dont l’UPC.

Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction, Mpodol Ruben Um NYOBE réincarné  explique les raisons de son come back à savoir : parachever son œuvre, prendre le contrôle des leviers du pouvoir en vue de redresser le Cameroun avant de nous quitter. Tout un programme. En tout cas, lisez plutôt !

  • Pouvez-vous, vous présentez à nos lecteurs ?

oui Monsieur le journaliste, je suis d’ailleurs fier de vous recevoir cette matinée pour une interview, je suis Ruben Um NYOBE né le 13 mai 1913, mais dans aucun document vous ne trouverez le jour exact de ma naissance, c’est moi qui a révélé cela. J’ai combattu pour l’indépendance du Cameroun, et j’ai été assassiné en septembre 1958. Mais avant de mourir, j’avais prédit ma réincarnation. Je suis même apparu à Monsieur Pouka M’BAGUE Louis Marie, officier d’academie qui était poète et écrivain  au Cameroun en 1960. J’ai là le document en main qui est intitulé « Le parnasse camerounais, entrevue d’outre-tombe ou message de Ruben Um Nyobe. Dans ce livre, je lui disais à la strophe N°36 « Moi, quand je renaitrai, je serai bien plus grand. Car ma mort m’a laissé parmi les glorieux maîtres dont l’action au monde est un fait si flagrant qu’on a eu de tout temps des pasteurs et des prêtres ». Donc je lui avais confié que je vais renaître. Je suis renais précisément un mardi le 16 mai en 1972, à EDEA, j’ai grandi à EDEA, où j’ai également fréquenté. Pendant ma jeunesse avant 25 ans, je disais à mes proches que j’avais une mission et que j’attendais avoir 30 ans. Et quand j’ai eu 30 ans à partir du mois de juillet 2002, j’ai commencé à parler et d’aucuns m’ont traité de fous. Ma famille principalement, m’a beaucoup menacé, mon père vivait encore. Vers la fin de l’année 2002, j’ai dit que j’étais Um Nyobe Ruben quand l’esprit me l’avait révélé. Je suis une créature comme vous aussi, peut être différent spirituellement et charnellement parlant. Ceux qui savaient que Um Nyobe avait prédit son retour m’ont approché. Puis on a commencé à marcher ensemble. Spécialement j’ai rencontré une femme nommée Madame Kana Eugénie, qui a cru la première. On a organisé une première réunion chez elle suivi d’autres meetings dans différentes localités de la Sanaga Maritime notamment Pouma, Dizangue, Pouth Iloloma et la liste est loin d’être exhaustive. Dans le Nyong Ekellé l’on a commencé à Boumyebel. Mais le nom que mon père m’a donné à ma naissance en 1972 ;  c’est  Bikai NIE Esaie pour ma deuxième incarnation. Mais ma première incarnation ici au Cameroun ma maman c’était Ngo Um Nonos et mon père Nyobe Nsunga. J’étais le 13ème enfant de ma maman. Les 12 premiers étaient morts. Je suis le seul qui a survécu. Deux jours après ma naissance ma maman est décédée. C’est ma marâtre qui m’a élévé. Elle s’appelait Ngo Bagweni

  • Une partie de l’opinion accepte mordicus que vous êtes le vrai UM Nyobe, tandis que l’autre récuse cela et estime que vous êtes un imposteur. Comment réconcilier les deux opinions diamétralement opposées ?

La vie est faite également des doutes, moi j’ai des documents, voici un livre que je vous présente  avec un dépôt légal. J’ai encore un camarade, le nommé Nyembel Nyebel Antoine, c’est lui que j’avais missionné en 1956, quand on a crée le CNO, qui était la branche armée de l’UPC, quand ce dernier reviens de cette mission, il a voulu me présenter les documents je lui ai dit non je n’ai pas besoin des documents. Dis-moi quelles sont les grandes résolutions de cette rencontre ? Il m’a dit qu’on a décidé de créer la branche armée de l’UPC. Je lui ai rétorqué que j’ai été incompris. Je voulais une démarche à la Gandhi, c’est-à-dire non-violente. Mais voyez-vous, je n’étais pas le seul décideur. J’avais un comportement autre que celui que j’ai maintenant parce qu’aujourd’hui je n’accepte pas comme j’acceptais avant. C’est dire que Nyembel Nyebel a accepté que je suis Um Nyobe. Il vit encore, ils sont trois survivants du grand maquis de Lipel Li Ngoï. Il y a ma 2ème épouse Ngo Ndjock Yebga Marie, mais elle n’était pas active comme Nyembel Nyebel. Quand Nyembel Nyebel reconnaît que c’est moi Mpodol Ruben Um Nyobe vous devez comprendre que c’est du sérieux. Mais si je ne suis pas Ruben UM NYODE pourquoi je continue à vivre depuis 15 ans environs que je parle. On ne peu pas s’approprier le nom de Um NYOBE pour une imposture. On peut par contre dire que « je suis un secrétaire général de l’UPC », on ne peut pas dire qu’on est Um NYOBE Ruben réincarné si on ne l’est pas et vivre à Boumyebel. Je mets à défi quiconque tente de s’approprier  de ce nom ; s’il va faire 100Km de route. Il ya un meeting qui se prépare pour novembre à Song Mpeck, c’est moi qui vais le présider. Si je n’étais pas Ruben Um NYOBE, on ne m’accepterait jamais à Song-Mpeck. Mais je ne suis pas entrain de vous dire que tous les ressortissants de Song-Mpeck croient que je suis Ruben Um NYOBE. Je n’attends pas que tout le monde dise que je suis Um Nyobe pour que je le sois. Je le suis. Voilà 15 ans déjà que je le dis. Pourquoi aucune personne dans le monde ne s’est auto-proclamé Um NYOBE, il n’y a que moi seul.  Si c’est même de la mafia. Pourquoi on la laisse à moi seul ? Je ne force personne ne l’accepter en tout cas. Le moment viendra où, la majorité conviendra de ce que je suis réellement Um NYOBE réincarné. Soyez rassuré.

  • Les prophéties de Mpôdol ne sauraient-ils pas justifier cette attitude de vous ?

Vous savez, la réincarnation a été tout simplement abolie par l’Eglise en 543. Nous vivons la majorité dans l’ignorance. La réincarnation est connue partout, en France, en Angleterre  bref,  un peu partout dans le monde.  Il ne faut pas croire que seuls les bantu croient à la réincarnation. Il n’y a pas qu’au Tibet ou à la Chine où il y a la réincarnation. Certaines personnes croient que en niant la réincarnation, elle n’aura pas lieu. Je sais que je suis Um Nyobe, je sais que je suis mystique et hautement mystique. Mais je n’ai pas besoin de vous endormir ou de vous torturer parce que je suis hautement élevé.   Comme je suis réincarné, j’ai obligation de bien te traiter. Parce que la prochaine incarnation peut permettre que toi tu sois plus élevé que moi. Moi qui connais la réincarnation,  j’ai le devoir de t’aimer. Il est possible que dans la prochaine incarnation tu m’aimes aussi. Disons que se sont les séquelles de la colonisation tout simplement.

  • Parlant de la crise anglophone : la Southern Cameroon depuis octobre 2016, est le théâtre de vives revendications politiques avec à la clé la proclamation présumée de la « république d’Ambazonie ». Quelle lecture faites-vous  de cette actualité brûlante vue sous l’angle du Mpodol réincarné que vous êtes

C’est vrai, nous avons combattu pour la réunification du Cameroun. Nous n’avons pas combattu pour une unité du Cameroun. Nous avons trouvé quand je naissais en 1913 que le Cameroun avait une forme. Je suis né dans la gestion allemande. Mais quand il eu guerre en 1914, les anglais et les français se sont partagés le Cameroun. Quand nous commencions le combat, nous avons voulu que le Cameroun soit un comme on l’a trouvé avec les Allemands parce que là le Cameroun était plus grand. Avec les Anglais et les Français le Cameroun a cédé une partie de son territoire au Nigeria voisin. Voyez-vous, on veut tronquer l’histoire ce qui n’est pas bon. Quand on veut tronquer l’histoire, on rencontre le malheur le plus souvent. C’est une preuve que, il y a jamais eu réunification du Cameroun à proprement parler. Notre combat n’est pas arrivé à son terme. Raison pour laquelle, je suis encore revenu pour parachever mon œuvre. Ce qui veut dire que je ne soutiens pas la sécession. Mais ceux qui nous gouvernent sont entrain de gérer ce conflit comme ils ont également géré la lutte pour l’indépendance du Cameroun.

Quand vous dites ils gèrent comme ils ont gérés d’autres conflits. Vous faites allusion à votre assassinat à vous ?

En 1952, le 29 octobre pour le préciser, l’ATCAM  (l’Assemblée Territoriale Camerounaise), a envoyé des gens pour me contrecarrer à l’ONU, comme Charles Okala. Vous voulez que je leur donne des conseils ? Non ils n’ont jamais écouté mes conseils. Ces gens n’ont jamais voulu l’indépendance du Cameroun.

  • Que vous inspire la transition démocratique au Cameroun dans un contexte de boko haram et la menace sécessionniste de la partie anglophone ?

 Au fait, pour la transition, il y en aura sûrement, puisque nul n’est éternel, je continue à dire le régime actuel a laissé pourrir le Cameroun. Avant que Boko Haram ne naisse, moi j’ai commencé à en parler. J’ai dis à mes plus proches camarades que je vois une guerre qui vient au Cameroun mais ça va commencer au Nord. Mais quand elle commencera, les gens croiront qu’elle va vite s’arrêter. Aussi longtemps que le pouvoir ne va pas m’écouter, elle ne s’arrêtera pas. Quand on refuse que quelqu’un a travaillé, on a ouvert les portes à la violence. Vous qui travaillez si à la fin du mois votre patron ne vous paie pas vous ne serez pas content. La reconnaissance évite les malheurs. Boko Haram c’est qui ? Ce sont les membres du gouvernement qui sont des Boko Haram. J’assume mes propos. Parce que s’il n’y avait pas de Boko Haram dans ce gouvernement, ce qui se passe au Nord se serait déjà calmé.  Je le sais spirituellement et ce que je dis est vrai. Pour la transition, elle aura lieu d’ici avant la fin 2019. Ça c’est automatique. Quand Dieu décrète quelque chose, l’homme ne peut le changer.

  • Quelle appréciation faites-vous de la gestion de la crise anglophone par le chef de l’Etat, Paul Biya ?

C’est très énervant, alarmant et très malheureux. Permettez-moi de dire que c’est honteux. J’ai suivi le porte-parole du gouvernement le Ministre Tchiroma dire que Monsieur Paul Biya était omniprésent, je ne dis pas que Paul Biya n’a pas certaines capacités spirituelles. Quand Biya mourra même, on verra son corps pourrir. On continuera à dire que Biya vit et personne n’osera prendre son fauteuil parce qu’il est omniprésent, il vit encore.   Je demande à Tchiroma de ne plus le dire, c’est une erreur de langage. Sinon,  il veut endormir les camerounais avec des petites phrases. Nous ne sommes pas morts pour endormir les camerounais mais c’est pour les reveiller. La crise n’est pas bien géré à partir même du Nord, Biya doit aller au nord pour pacifier le Nord. Qu’est ce qu’un chef d’Etat ? Un Chef d’Etat doit être prêt à mourir pour son peuple. Quand un chef d’Etat ne peut le  faire, il bon qu’il s’écarte. On dit le bon berger meurt pour ses brebis. Moi à sa place je serais allé au Nord, au Nord-ouest et au Sud-ouest. Hier les RDpecistes fêtaient le 1er octobre. Ils disaient « tous derrière Biya ». Tous derrière quelqu’un qui est invisible ? Il est devenu dieu ? J’entends qu’il est en Suisse pendant que sa maison est entrain de brûler. Et puis la date était annoncée. Le père de la Nation devrait rentrer. Ça veut dire « mes enfants mourez ». A 85 ans on ne doit plus avoir peur de mourir. Moi aujourd’hui j’ai 45 ans et je n’ai pas peur de mourir c’est pourquoi je dis la vérité.  Avec son avion personnel, avec 15minutes Biya arrive au Nord Cameroun. En 15mn, il débarque au Nord-ouest et au Sud-ouest pour parler avec ses compatriotes. S’il ne fait pas c’est une malédiction pour le Cameroun.

  • Monsieur Jean Marc NGOSS, président du parti de l’Esprit 1948, homme politique résident à Douala se fait appeler également Mpodol, par cette appellation ne vous imite-t-il pas ?

Pour moi il ya des imitateurs et des falsificateurs, Mpodol veut dire celui qui parle au nom de…on peut être Mpodol de sa famille, d’un groupe de son école. On peut même être Mpodol de Dieu, quand c’est Dieu qui vous donne le mandat de parler en son nom. Moi je suis Mpodol Ruben Um NYOBE réincarné lui il est Mpodol Ngoss. S’il parle de l’Esprit 48, je pense que mon fils Ngoss est train de s’amuser. Quand je fêtais mes 38 ans ici même à Yaoundé, j’ai invité de nombreuses personnalités. Je leur ai dit vous êtes mes enfants. Biya est mon fils dans une autre vie,  sous-entendu à ma venue au monde en 1913. Ce n’est pas le corps,  Jésus Christ  disait « la terre et le ciel n’hériteront jamais le royaume des cieux ». C’est dire que regarder plutôt mon esprit et non ma chair. Je suis Um Nyobe Ruben l’homme qui s’est sacrifié pour que vous vous soyez vivant. Malheureusement, vous ne le comprenez pas encore, mais je souhaite que dans les jours à venir vous le compreniez.

  • Comment entrevoyez-vous l’après Biya ? Et qui va prendre le contrôle du levier du pouvoir en qualité de chef de l’Etat ?

Monsieur Ahmadou Ahidjo est arrivé au pouvoir comme un premier ministre chef de l’Etat, il n’a pas été élu. Monsieur Paul Biya est arrivé à la tête de l’Etat, ce n’était pas par une voie électorale. Je le dis encore au peuple Camerounais et la paix si nous le souhaitons. J’ai voulu plusieurs fois rencontrer le Chef de l’Etat, Monsieur Biya que j’aime bien ce n’est pas parce que je suis en face de vous. Je ne hais pas Biya. Je suis sûr que j’aime Biya plus qu’il ne s’aime lui-même. Parce que moi je vois ce qu’il ne voit pas. Quelqu’un ne peut pas mourir pour les autres s’il n’est pas AMOUR. Ceux qui disent que j’étais mort parce que je recherchais le pouvoir. Mais si je recherchais le pouvoir, Ahidjo et Biya ne seraient pas Président. Il a fallu que je meurs et j’ai accepté mourir. Le 11 juin 2011, je suis allé à Mvomeka pour rencontrer le Président et il était là-bas ce jour. J’ai remis des documents à son neveu qu’on appelle vulgairement DEBOSS. Je lui ai dis de dire à son père que j’ai voulu le rencontrer. Je lui dis que je vois le malheur venir mais quand ce malheur viendra, Biya ne sera pas épargné. DEBOSS m’a dit que « patriarche je suis ravi de faire votre connaissance, donne le paquet,  je vais le remettre à main propre au LION ». Je reprends là ces termes.  Je ne suis pas revenu pour tuer Paul Biya. Mayi ma Matip m’avait trahi. Mais Mayi,   je l’ai rencontré puis je l’ai salué avant qu’il ne meurt. Sa femme Jeanne est à Eseka. Je ne suis pas quelqu’un qui est prêt à châtier dès qu’on lui fait le moindre mal. Je suis tolérant. Mais seulement, la patience a des limites. En 2004, j’avais dit à Mebe N’go que j’ai besoin d’un terrain d’entente et que Monsieur Biya parte. Aujourd’hui je suis revenu redresser le Cameroun. Après Biya, je dois redresser le Cameroun avant de repartir.

  • D’après vous les prisonniers politiques doivent-ils être élargis pour apaiser le climat politique empoisonné par de vives tensions sociales ?

J’ai besoin de libérer ces prisonniers politiques. C’est l’une de mes priorités dans mon programme politique.

 

Propos recueillis par JO BENGA

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