PETITS MÉTIERS: PROCESSUS DE FABRICATION DES MARMITES

marmites exposées pour la vente

Exposés en plein soleil dans nos marchés, ces bijoux multiformes sont la partie visible d’un travail digne d’une vraie organisation.

Il n y’a pas de sot métier mais de sottes gens, cela Idriss Mouhamadou et ses amis l’ont compris. Ils ne se sont pas d’ailleurs limités à le comprendre mais à le mettre en pratique, en développant cette industrie. Une industrie qui emploie cinq à dix personnes. Idriss et ses amis n’ont pas peur de se salir les mains, tels les bimanes ils quittent leurs couches très tôt aux premières lueurs de l’aube, pour se rendre à « l’usine ». La fabrication des marmites demande un certain courage et effort physique et surtout de la finesse.

Elle se fait en trois étapes. La première consiste à rassembler les débris d’aluminium, comme des boites, des vielles tôles usées, des gentes de véhicules etc. ramassés çà et là dans les rues de la ville. Le matériel est essentiellement livré par les enfants et un employé est

affairé à cette tâche à lui confier, il dispose d’une balance pour peser la marchandise et le kilogramme d’aluminium ici coûte 300fcfa. Passée  cette étape, les déchets sont déposés dans une salle à four ou ils sont cuits à feu vif dans un bocal ; le liquide obtenu est versé dans des moules multiformes. Solidifiés, nous obtenons des magnifiques marmites prêtes à être exploitées.

L’avant dernière étape consiste à limer les marmites qui ressortent le plus souvent du four noircies  par la fumée et la boue utilisée, là encore une équipe de deux à trois jeunes est mobilisée pour ce travail non des moindres dans la chaine de production de nos précieuses casseroles. Les marmites limées brillantes sont conduites pour l’exposition vente. Ces dernières sont très prisées ici à Bertoua de par leur qualité et les prix abordables qui vont de 1500 f pour la plus petite à 30.000f pour la plus grande.

L’industrie nourrit son homme puisque Idriss et ses amis présents dans le métier depuis sept ans, fabriquent en moyenne cinquante marmites par jour et vendent presque la même quantité ; les périodes de vaches grasses sont les mois de Novembre, Décembre et Janvier à cause des différentes cérémonies qui pullulent à cette période-là.

L’industrie de l’aluminium et de la terre cuite ne recrute pas la gente féminine, celle-ci n’intervient qu’au bout de la chaine dans la phase de l’exposition vente. Omar Mola, chef de la fonte et du moulage nous confie que le degré de chaleur présent n’est pas supportable pour la femme, en plus il y’a certaines tâches, comme fendre du bois, tourner le métal fondu et mouler la terre qui requièrent de l’effort physique.

Ces marmites feront cuire nos plats de Mbongo Tchobi, de Eru, ou de Poissons rôtis et feront oublier de sitôt le dur labeur de ces ouvriers de l’ombre, cette satisfaction est d’ailleurs la plus grande récompense d’Idriss et ses amis qui ont voulu plus d’une fois développer leur entreprise mais se sont butés aux procédures lentes de l’administration et aux portes fermées des autorités compétentes.

Carine Ngono

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