Port Autonome de Douala: Le flou de la gestion des épaves inquiète

Dans une communication dans son organe de liaison, le Port autonome de Douala(Pad) par la voix de Georges Cracite Menye, directeur des dragages et de la logistique maritime, avait annoncé pour début janvier 2018, le démarrage effectif des travaux de l’opération d’enlèvement d’un lot d’épaves qui obstruent la circulation dans les voies d’eau mais les nombreux silences relatifs aux entreprises chargées de le faire, les moyens mis en œuvre pour la gestion des déchets et les incidences liées aux  pressions des assureurs renforcent dans les esprits que nous sommes en face d’un canular.

Dans le souci de fluidifier la circulation des navires et partant d’augmenter les performances de la place portuaire,  le Pad a prévu d’enlever quelques  80 épaves constituées de dragues, chalutiers, ferrys, bateaux de servitude…  Lesquelles  depuis près de 30 ans constituent   des obstacles majeurs  pour la fluidité et la sécurité de la navigation sur les quais, les voies d’eaux, le chenal et les darses.  La première partie de l’opération qui consistait à enlever un lot de 25 épaves logées sur le  quai des accès et la darse de pêche devait démarrer en début janvier 2018. Mais, rendu dans la seconde moitié du mois de janvier 2018,  rien ne filtre  au niveau du Pad où l’on semble très peu loquace à ce sujet. La gêne  qui étreint le visage des responsables à l’évocation du sujet vous renseigne à suffisance sur les difficultés immenses  du management du Pad à passer de la parole à l’acte.

Incertitude et flou

L’on avait appris que le financement de l’opération d’enlèvement des épaves au Pad couterait un budget faramineux de 4 milliards de Fcfa  financés  par la place portuaire. Une véritable hérésie lorsqu’on  sait que  selon la réglementation internationale  notamment la convention de Nairobi, ce sont les assureurs et réassureurs qui  financent ce type d’opération.  D’où l’utilité de contrôler son plan d’eau et d’interdire l’accès à celui-ci à tous les navires non couvert par une assurance sinistre. Et à l’issue d’un choix hautement sélectif, nous fait-on comprendre, c’est une entreprise italienne qui avait raflé la mise. Mais personne ne connait  la moindre information sur les capacités et l’expérience de cette entreprise qui  malgré la proximité de la date supposée des travaux, pointe déjà   aux abonnés absents  au portillon du Pad depuis le début de l’année.

De plus, le management du Pad nous apprenait que les épaves seraient découpées en petits morceaux, mais la question est de savoir ce qu’il adviendrait de ces déchets, à partir du moment où  ceux-ci sont  constitués à 80% d’amiante, substance  très toxique utilisée par les constructeurs pour faire flotter les navires ? A-t-on prévu un site au Cameroun pour le traitement des déchets riches en amiante lorsque l’on sait que c’est un casse-tête incroyable pour  tous les pays au monde ? Dans l’hypothèse, où l’entreprise italienne  était effectivement commise  à retirer les épaves, a-t-elle la capacité technologique pour gérer ces déchets amiantés ? Ne va-t-elle pas chercher à les enfouir dans un terrain vague au risque de créer une véritable catastrophe environnementale et sanitaire et de disparaitre sans crier gare après avoir empocher le magot?

Henry Diabaté Manden

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