Port autonome de Kribi : Les responsables de l’infrastructure roule Paul Biya dans la farine

Les annonces faites pour l’accostage du premier navire commercial pour le mois de mars ne semblent en fait que de la poudre aux yeux.

Connue au départ sous l’appellation du Port en eau profonde de Kribi, qui a déjà couté près de 600 milliards de Fcfa dont la première phase est finie en 2014 est encore à ce jour inexploité. Selon les accords de prêts auprès du gouvernement chinois à travers exim Bank, le Cameroun devrait bientôt commencer à rembourser le prêt qui a permis la réalisation de cette grande infrastructure fille ainée des Grandes Réalisations de Paul Biya de son mandat 2011-2018. Pour faire simple, quand on procède à un emprunt pour la réalisation d’une structure rentable, l’objectif à terme est que l’on commence l’exploitation de la structure pour rembourser l’emprunt qui a permis à sa mise sur pied. Dans le cas du Port de Kribi, on est en train de traverser la période qui aurait permis à la structure de se stabiliser à partir de son exploitation pour enfin pouvoir commencer le remboursement de l’emprunt sans courir le risque. Tous les responsables commis à cet état de chose et qui devraient permettre que ceci se fasse n’ont fait qu’avancer les dates les unes après les autres sans qu’aucune ne soit respectée jusqu’à ce jour. On dirait que le peuple camerounais se nourrit d’annonces et que le Chef de l’Etat s’en satisfait. Peut-être est-ce le cas en tout cas c’est une situation qui commence à trop durer. Jusqu’à ce jour, le risque que la déclaration de l’accostage du premier vrai navire commercial soit comme celle qui l’ont précédé est extrêmement élevé. Elle pourrait être aussi foireuse que les autres, il faut vraiment le craindre. Les minimas qui doivent permettre qu’on respecte cette échéance n’existe pas.

Sur le plan direct en effet, ce fleuron national, orgueil de tout un peuple à la matière existe physiquement mais n’a pas encore d’acte de naissance sur la carte maritime mondiale. Ce qui n’est pas peu dire. Ceci signifie que toute tentative d’accostage d’un navire à ses quais, bien que l’infrastructure dispose de toutes les commodités sur le plan technique sera taxé de frauduleuse pour l’armateur risque qu’aucun ne serait prêt à courir. Deuxièmement, jusqu’à une date très récente, pour ne pas dire à ce jour, le port de Kribi n’était ou n’est pas encore assuré. En d’autres termes, tout navire qui se hasarderait à accoster à ce port pourtant ultra moderne le fera à ses risques et périls ; ce qui ne pardonne pas en terme de transport maritime international.  On pourrait ajouter d’autres petits inconvénients mais ces deux seuls cas sont nécessaires et suffisants pour qu’il ne soit pas envisageable un quelconque accostage tout au moins à l’échéance du mois de mars. Ainsi donc, l’accostage du navire de Nile Dutch qui devrait partir de Chine dans les prochains jours semble n’être qu’un vœu pieux. S’il faut à cela ajouter que les 110 kilomètres de la route qui lie Kribi à Edéa sont pour ainsi dire impraticable pour des camions portes contenaires, alors la bonne question est : de qui se moque-t-on ? Si par extraordinaire on réussissait à faire accoster un navire à ce port, pas obligatoirement en mars et que ces problèmes connexes ne sont pas résolus cela voudra dire qu’on est simplement en train de vouloir tromper le peuple ; car au lieu des opérations logiques qui devraient se faire pour le déchargement normal d’un navire, il ne s’agirait alors qu’une opération de transbordement dont le Port de Kribi servira de cadre d’opérations. L’économie camerounaise ne bénéficiera de rien de tout ce qui doit être attendu : opérations de déchargement, de dédouanement et du reste car d’autres navires de petites capacités accosteront aux côtés du plus grand pour recharger des marchandises et ravitailler des ports alentours : Pointe Noir, Malabo, Cotonou…  ceci aura pour corolaire que tous les bénéfices dont devraient s’attendre un Port pour l’accostage d’un navire, celui de Kribi n’en bénéficie d’aucun. Les seuls gagnants de l’opération seront : l’équipe à Bolloré et tous ceux qu’il aura corrompu pour faire absolument partie prenante du terminal de Kribi. Il faut dire que la liste des corrompus des hauts commis de l’Etat est longue, large et vaste car elle touche presque toute la chaine des hauts responsables concernés par ce dossier où on trouve parfois des très proches collaborateurs du Chef de l’Etat. Pour l’opinion publique, le Port de Kribi sera déjà opérationnel.  Mais en réalité il ne s’agira que d’une grosse escroquerie communicationnelle. Ceux qui auront été à la manœuvre pour cet écran de fumer au détriment de leur propre nation, pourront alors se frotter les mains. Le peuple camerounais crédule et au premier chef son Chef n’y auront vu que du feu.

François Ndi

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