Tchad: Abattement de salaires des Agents de l’Etat

Le Gouvernement  sursoit face à  la pression des syndicats

La décision prise par le Gouvernement au lendemain de l’adoption du Budget général de l’Etat par l’Assemblée Nationale pour l’exercice 2018 de réduire le salaire des agents de la fonction publique de 5 à 45 % a cristallisé des tensions dans le pays. Les syndicats, la société civile et les partis politiques de l’opposition ont fait chorus pour rejeter en bloc cette décision du Gouvernement. Pour eux aucun  rond ne doit être réduit du salaire des fonctionnaires qui sont déjà plombés drastiquement par les seize mesures qu’ils ont qualifiées d’inique prise par le Gouvernement l’année dernière en vue de juguler la crise financière qui frappe de plein fouet le pays . Il faut dire  que depuis la chute brutale  du prix de baril de pétrole sur le marché mondial, le Gouvernement peine à boucler les fins des mois. Pour arriver à décrisper cette tension, plusieurs rencontres ont été initiées par le Gouvernement et les partenaires sociaux  c’est-à-dire les centrales syndicales qui ont pignon sur rue ont boudé et les fonctionnaires étaient sur le qui-vive.

La Première réunion tripartite Gouvernement, syndicats et le comité de dialogue social s’est déroulée à la caisse nationale de prévoyance sociale(CNPS) mais elle a accouché d’une souris. Chaque partie a campé sur sa position  et fait comprendre à l’autre qu’il n’est pas prêt à faire des concessions.

Après cette réunion qui a échoué, le Premier Ministre, Chef du gouvernement M. Pahimi Padacke Albert a pris la relève en organisant une rencontre placée sous son égide avec les responsables des principales centrales syndicales entre autres l’Union des Syndicats du Tchad (UST), la confédération Intersyndicale du Tchad (CIST), la Confédération Libre des Travailleurs du Tchad (CLTT) et le Syndicat National des Enseignant  et chercheurs du Supérieur (SYNECS).

A l’issu des échanges, les différentes parties ont accordé leur violon sur le statuquo tout en maintenant le dialogue afin de parvenir à  un accord définitif qui doit satisfaire tout le monde.

Au sortir de cette rencontre, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement «  a demandé au comité technique de travailler en profondeur et dans les meilleurs délais  pour lui faire une proposition idoine pour une autre variante, qui peut permettre au gouvernement d’obtenir 30 milliards de francs CFA d’économie  » a rapporté M. Ali Abbas Seitchi, Président du comité national de dialogue social (CNDS). Les centrales syndicales ont à cette occasion, lâché du lest  et ont apprécié cette décision sans savourer une victoire quelconque. De son côté, le secrétaire général de la Confédération libre des travailleurs du Tchad M. Brahim Ben Seid « nous pensons que le Premier Ministre, Chef du Gouvernement  s’est référé  au fait que notre pays  est un pays de dialogue. C’est pourquoi, il a accepté qu’on fasse le dialogue. Nous estimons que c’est une décision responsable  » , il a ajouté que « cette proposition d’abattement de salaire des agents de l’Etat a suscité une grande réaction du côté des travailleurs qui n’en peuvent plus par ce qu’en plus du décret 687, vous savez ce que cela fait si on doit appliquer encore sur le salaire les abattements qui étaient annoncés par le Gouvernement . Notre refus n’était pas de dire au Gouvernement qu’on ne peut pas participer aux efforts  de redressement de la situation. Mais, nous lui avons demandé de faire des efforts lui –même pour maîtriser ses recettes  et ses dépenses »

Pour le Président de l’Union des Syndicats du Tchad M. Barka Michel ; le Gouvernement doit faire des efforts au niveau de la douane et des régies financières en les débarrassant des prédateurs de tout poil qui écument  ces circuits financiers afin de combler ce gap de trente milliards de francs CFA que de frapper les pauvres fonctionnaires. IL a aussi souligné « le décret 687 lui-même instituant une coupe de 50% sur les indemnités et primes des agents de l’Etat reste aussi pour les syndicats à discuter. Le décret selon M. Barka Michel «  est signé pour dix-huit mois. Aujourd’hui, on ne s’est pas mis d’accord sur les dix-huit mois parce qu’il semble  que ce sont des mesures qui devraient rester dans la durée  mais néanmoins, les débats sont renvoyés au niveau du comité technique tripartite »

Pour clore cette rencontre, le Président du comité national  de dialogue social (CNDS) Ali Abbas Seiti  a rassuré que le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a instruit que le décret 687 continue à avoir cours en attendant que la situation macro-économique se stabilise. Avec cette option ,qui est de surseoir aux abattements de salaire, la tension est retombée du côté des partenaires sociaux qui avaient promis faire voir le Gouvernement de toutes les couleurs. Et le Gouvernement, lui se frotte les mains.

Laldjim Narcisse Mbainadji

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