Transport urbain / L’état des taxis laisse à désirer à Yaoundé

 

A la veille de la CAN féminine en 2016, le sujet était au cœur de tous les débats et les mesures avaient été prises. Deux ans plus tard, ce que d’aucuns qualifient de « tas de ferraille », sont toujours en circulation dans la capitale.

« C’est par manque de solution qu’on emprunte certains taxis à Yaoundé tant leur qualité laisse à désirer », se plaint Tsimi Magloire professeur des lycées. Quant à Paul Fokam, il les qualifie de « brouettes à moteur ».

Mauvais état

L’état des véhicules exerçant pour le transport urbain dans la cité capitale n’est pas si éloigné de celui du taxi de brousse.  La différence n’est presque plus perceptible tant ils affichent tous la même vieillesse et quelques fois la même couleur c’est-à-dire jaune. S’il fallait employer le langage vestimentaire, les taxis de Yaoundé font partie de la friperie, pense Adeline Ngondo. Par la même occasion, elle estime que parcourir deux kilomètres à l’intérieur de ces derniers procure des douleurs musculaires semblables à ceux ressentis suite à un exercice sportif.  Pour cette trentenaire,  la capitale politique est devenu un dépotoir des vielles voitures  car « tous ou presque ont les mêmes problèmes à l’instar du manque de rétroviseurs, de l’absence de clignotants, des panneaux brisés, des tuyaux d’échappement perforés, des pneus usés » pour ne citer que ceux-là. A l’intérieur de ces véhicules, les ceintures de sécurité sont généralement utilisées à d’autres fins. Lorsqu’elles ne servent pas à soutenir les sièges, elles ont pour mission d’attacher les bagages à l’arrière du véhicule et en cas de panne, elles servent au remorquage.

La qualité des sièges fait l’unanimité auprès des passagers. Ils sont déchirés et dégagent  quelques fois des odeurs nauséabondes. Pour cause, leur état d’humidité fréquent dans lequel ils se retrouvent très souvent. Les tapis qui ont pour rôle l’habillage sont dans un état de délabrement avancé. A la place des manivelles, le fil d’attache qui occasionne régulièrement  les blessures chez les usagers. Pour Suzanne Eyala, cette situation est davantage plus compliquée pour les personnes du troisième âge.  « Emprunter ce type de taxi représente un risque de manière globale. Le risque est double voir triple lorsqu’il s’agit des personnes âgées. Nous prions le ministre des Transports  d’assainir ce milieu ». déclare cette infirmière diplômée d’Etat

Pollution

Tout comme les lieux de grande fréquentation, on reproche aux taxis d’être à l’origine de la pollution aussi bien sonore qu’environnementale.  Pour Benjamin A,  cela s’explique par le fait que les conducteurs sont en complicité avec des mécaniciens lors de certaines opérations.   «  J’ai acheté une voiture d’occasion que j’ai confié à un chauffeur, au bout de deux semaines il a pris pour prétexte une urgence au village pour s’enfui en laissant mon véhicule dans un mauvais état. C’est seulement au bout de  plusieurs jours que je me suis rendu compte qu’il avait remplacé le moteur d’origine par un moteur fabriqué dans un garage local ce qui occasionnait un ronflement anormal ».

Tout porte donc à croire que le métier de conducteurs de taxi consiste uniquement au transport des passagers sans se soucier de leur confort encore moins de leur sécurité.

Henry Bertin Anega

A Lire également

Leave a Comment